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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 13:51

Elus et représentants de l'académie ont suivi hier Guy François, proviseur du lycée Marcel-Sembat, pour une visite du nouvel internat attendu depuis octobre 2007

SOTTEVILLE-LES-ROUEN.Le lycée Marcel-Sembat continue sa mutation avec l'inauguration hier de son nouvel internat. En attendant la fin d'autres chantiers.

Le lycée Marcel-Sembat continue de se reconstruire sur lui-même. Et, au milieu des bruits dus au chantier des ateliers avoisinants, le proviseur Guy François, entouré du conseiller régional, Guy Fleury, de la sénatrice Catherine Morin-Dessailly et du recteur de l'académie, Marie-Adèle Campion, a inauguré le nouvel internat.
Disparue depuis longtemps du paysage sottevillais, l'ancienne tour dédiée à l'accueil des lycéens avait fait son temps. Trop vétuste et plus du tout aux normes, décision a été prise de la raser pour construire un nouvel espace bien plus moderne. Les travaux ont donc été lancés en octobre 2007. Pour une ouverture à 120 nouveaux pensionnaires dès cette rentrée. Coût de l'opération : près de 13 millions d'euros (HT) financés par la Région.

Une nouvelle impulsion
Pour Christian Arnaudet, adjoint à Sotteville, en charge de l'éducation, l'inauguration de cet internat correspond à un réel besoin : « A l'origine, la Région souhaitait ouvrir cet établissement ailleurs, à la campagne. Mais nous avons toujours plaidé pour que ce lycée soit réhabilité. Et ce malgré les contraintes que cela implique. »
Et quelles contraintes ! Délocaliser les ateliers dans des friches industrielles, loger les pensionnaires dans un ancien foyer SNCF loué par la Région. Seul le réfectoire ne posait plus de problème : le nouveau bâtiment ayant été inauguré l'année dernière.
La mise à disposition du nouvel internat tant attendu est donc également symbolique. Le signe d'un renouveau pour Sembat qui accuse une baisse des effectifs depuis cinq ans : « Une baisse consécutive aux travaux, assure Guy François, proviseur. Mais la fin progressive des chantiers va donner un nouvel élan. La preuve, les 120 lits sont déjà tous réservés. » Un élan à souhaiter : avec 1 000 élèves - lycée, lycée professionnel et une classe prépa - l'établissement est loin des 1 800 lycéens pour faire salle comble. Reste maintenant à terminer les nouveaux ateliers - en cours de construction sur le site de l'ancien internat et prévus pour la rentrée 2010. Et à faire sortir de terre un gymnase. Mais là, aucune date n'est encore avancée.
A. Q.

Article paru le : 3 septembre 2009

Par esprit libre - Publié dans : ARTICLES DE PRESSE
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 13:31
Dieppe  


Les lycéens sont passés par une autre entrée quelques secondes après le blocage

RENTREE.Une dizaine de professeurs de Pablo-Neruda bloquaient l'entrée des lycéens de seconde hier matin pour protester contre la non-affectation d'une trentaine d'élèves.

Rentrée perturbée pour les lycéens de Pablo-Neruda hier matin. Vers 10 h, une dizaine de professeurs en gilets jaune fluo bloquent la grille devant des élèves de seconde impatients de s'installer dans leur nouvelle classe. Les enseignants veulent manifester leur mécontentement : la veille au soir ils ont appris, via une enquête téléphonique dans les collèges, que cent soixante élèves souhaitaient venir en seconde à Neruda alors que cent vingt-deux seulement y ont été affectés.
« On veut rentrer ! », lancent certains. Ils le feront quelques secondes plus tard en passant par un autre portail. Contrairement à la trentaine d'élèves « fantômes » renvoyés dans d'autres lycées alors que l'ouverture d'une cinquième seconde avait été envisagée il y a quelques mois par le rectorat. « L'an dernier, on nous disait qu'il n'y avait que quatre secondes parce qu'il n'y avait pas assez de demande pour en ouvrir une cinquième, qui serait créée si besoin. Après enquête, l'équivalent d'une classe ne nous a pas été envoyé. Ces élèves ont dû se contenter de leur deuxième vœu. Et la cinquième seconde n'a pas été créée. Le procédé est malhonnête. C'est la preuve que le rectorat asphyxie le lycée », estime Catherine Rioult, délégué Snes et professeur de français à Neruda. Et de parler de double langage concernant l'enseignement technologique, encensé d'une part, enfoncé de l'autre.
« Avec quatre secondes, difficile d'alimenter cinq filières, S, génie mécanique, génie électronique, électrotechnique, microtechnique », lance Stéphane Gasc, professeur de maths. Et c'est ensuite un cercle vicieux. Prévu pour accueillir mille élèves, Pablo-Neruda n'en compte pas plus de cinq cents parmi ses rangs. La diminution est constante alors que « tous les élèves trouvent du boulot dans les six mois suivant leur sortie du lycée », selon Jacques Boudier, délégué Sgen et professeur d'électronique.
Portes ouvertes et ministages avec des troisièmes ont donc été effectués pour leur faire découvrir les filières de Neruda. Certains étaient intéressés. La décision de ne pas ouvrir de cinquième seconde est d'autant moins compréhensible pour les enseignants. Et inquiète d'autant plus que « les investissements de la Région sont gelés concernant l'achat d'une machine en attente de l'évolution du lycée », explique François Kowal, professeur de productique-mécanique.
Autre incompréhension : trois élèves qui souhaitaient faire un BTS électrotechnique ont dû changer de projet alors que seulement 12 places sur 15 étaient pourvues. « Déjà que l'effectif a été réduit de 24 à 15 alors qu'il y a la même demande. On se retrouve dans des BTS qui ne sont pas en rapport avec notre Bac. Je vais aller en mécanique alors que j'ai fait un bac électrotechnique », explique Alexandre Chevalier, 18 ans. Un autre de ses camarades est contraint de faire dans la maintenance à Forges.
Le directeur de Neruda refuse de s'exprimer sur le sujet. Pour le recteur de l'académie de Rouen, les chiffres avancés par les enseignants ne seraient pas fondés. Mais un rendez-vous se profile en octobre en mairie pour en discuter. Un préavis de grève a été déposé par le Snes mardi et court jusqu'à la fin de la semaine.


Alexandra Chanjou
« C'est la preuve que le rectorat asphyxie le lycée »

Article paru le : 3 septembre 2009

Par esprit libre - Publié dans : ARTICLES DE PRESSE
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 20:38
 

Fillon: la réforme du lycée professionnel "extrêmement positive"


François Fillon a qualifié mercredi d'"extrêmement positive" la réforme du lycée professionnel, qui réduit de quatre à trois ans la durée du cursus, lors de la visite d'un lycée professionnel à Cormeilles-en-Parisis.

"Je suis convaincu que le bac professionnel en trois ans est une réforme extrêmement positive dont chacun, comme c'est souvent le cas dans l'éducation, découvrira les bienfaits dans les prochaines années", a dit le Premier ministre, accompagné du ministre de l'Education, Luc Chatel.

Généralisé à l'occasion de cette rentrée, l'alignement du cursus sur celui du lycée généraliste vise à "valoriser l'enseignement professionnel" et "faire en sorte qu'il y ait le moins possible d'élèves qui sortent de cet enseignement sans formation", a poursuivi François Fillon.

Expérimentée depuis 2001 - notamment dans le lycée Le Corbusier dans lequel s'est rendu le Premier ministre - cette harmonisation des filières ambitionne de réduire le nombre de lycéens qui chaque année ne vont pas au terme de leur formation, soit environ 120.000 élèves par an toutes filières confondues, selon Matignon.

"Notre objectif c'est d'arriver à ce que tous les élèves, que ce soit dans la filière générale, que ce soit en enseignement professionnel, sortent avec un diplôme, une formation, le bagage intellectuel dont ils ont besoin pour affronter la vie", a encore dit François Fillon.

Jusqu'à présent, l'obtention du bac professionnel se déroulait en quatre ans et deux étapes. A la sortie de la troisième, les élèves devaient d'abord poursuivre deux ans d'études pour obtenir un CAP (certificat d'aptitudes professionnelles) ou un BEP (brevet d'études professionnelles). Une fois diplômés, ils pouvaient préparer leur bac en deux années supplémentaires.

Avec la réforme, de nombreux BEP vont être amenés à disparaître, mais pas les CAP.

 

Mercredi 2 septembre 2009

Par esprit libre - Publié dans : DEPECHES
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 21:33

Quels modes d’action pour gagner vraiment ?

 

 

Des conditions pour une lutte victorieuse…

Le caractère régressif de la politique sociale et éducative du gouvernement est maintenant compris par beaucoup de personnels de l’éducation.

Pour stopper cette régression et amener des alternatives, la volonté de se battre est également largement partagée, comme le prouvent les mobilisations récentes, avec des taux de grève parfois historiques, la participation massive aux manifestations, les initiatives multiples de sensibilisation et d’alerte, le mouvement de désobéissance qui reçoit un large soutien, bien au-delà des personnes qui s’y engagent directement…

Mais une absence de stratégie gagnante

Il manque aujourd’hui une stratégie commune pour transformer le rejet de ces politiques et cette volonté de se battre en rapport de force permettant de faire plier ce gouvernement, qui n’a que faire de l’expression de notre désaccord : il est décidé à passer en force.

Faute de stratégie gagnante, c’est la résignation qui gagne du terrain, y compris chez celles et ceux qui sont le plus opposé-e-s aux orientations actuelles.

Pour ne pas reproduire les impasses de ces dernières années, il faut qu’un débat ouvert et large soit mené parmi les personnels, à tous les niveaux, et pas uniquement à l’intérieur des syndicats ou de leurs instances.

En ce qui nous concerne, nous ne prétendons pas avoir de solution miracle. Nous essayons cependant en permanence de dire quels modes d’action sont à nos yeux susceptibles d’être réellement efficaces. Mais ce qui est remarquable, c’est l’absence de stratégie lisible de la plupart des organisations syndicales, en particulier de la part des organisations majoritaires.

Débattre sans tabou ni dogmatisme

Parce que nous ne nous résignons pas à cette absence de stratégie, qui mène tout droit à la résignation et à la défaite, nous souhaitons relancer ce débat, sans tabou, et sans dogmatisme. Pour nous, de toute façon, c’est à celles et ceux qui luttent de déterminer comment ils/elles veulent mener leur lutte.

À part les actions strictement corporatistes, c’est-à-dire quand la défense d’une catégorie de personnel joue contre les intérêts d’une autre, qui sont à l’opposé de notre conception du syndicalisme, nous refusons d’opposer une forme d’action à une autre : tout ce qui construit la lutte est bon à prendre.

Mais pour ne pas s’illusionner, il convient de distinguer les actions qui participent à la construction d’une mobilisation de celles qui peuvent permettre d’imposer des victoires sociales.

Faire connaître nos raisons de lutter et notre force

Les actions médiatiques, de sensibilisation, etc., sont, bien entendu, très utiles, parce qu’elles permettent de mettre le débat sur la place publique, d’expliquer nos revendications, de gagner à notre cause une partie plus grande de la population. Mais face à un gouvernement de combat, qui a décidé de passer en force, elles ne peuvent être qu’un élément permettant de construire la mobilisation et de gagner le soutien populaire : elles ne permettront pas, seules, des victoires réelles. Il en va de même des rassemblements et des manifestations, qui permettent de renforcer un mouvement, de démontrer notre force collective, mais qui ne suffisent pas à créer un rapport de force victorieux.

Désobéir, résister

Les actions de désobéissance possèdent les avantages que nous venons de décrire, mais ont encore d’autres vertus. Elles provoquent davantage le débat. Elles participent à la radicalisation de la mobilisation, en permettant d’agir en cohérence avec sa conscience. Elles désacralisent la légalité, au nom de laquelle l’inégalité est instituée en norme. Généralisées, elles peuvent même rendre une politique inapplicable, caduque. C’est pourquoi Sud éducation, depuis longtemps, appelle à ces actions chaque fois que l’enjeu le justifie et soutient leur développement.

Cependant, ce mode d’action ne peut se substituer aux autres. S’il faut chercher sans cesse à inscrire cette pratique de désobéissance dans des cadres collectifs et construire une solidarité autour des désobéissant-e-s, elle renvoie toujours à des actes individuels, qui exposent les collègues à des choix et des situations difficiles. Il y a donc de vrais obstacles à sa généralisation massive. En outre, nous ne pensons pas que ce mode d’action puisse s’appliquer à tous les combats. Comment, par exemple, désobéir à des suppressions de postes, sinon en refusant de travailler dans ces conditions, ce qui s’appelle faire grève ? Comment désobéir au passage au Bac Pro en trois ans ? Comment désobéir à des fermetures d’options, de classes, d’écoles ? Comment désobéir pour une augmentation de salaire ? Etc.

La grève et le blocage, des armes incontournables des luttes des salarié-e-s

Le scepticisme quant à l’efficacité de la grève gagne du terrain chez les collègues. Chacun-e se rend bien compte que les journées isolées de grève et de manifestation sont inefficaces si elles ne débouchent pas sur la construction d’un vrai rapport de force.

Comme c’est la seule « stratégie » proposée par les organisations syndicales majoritaires ces dernières années, on comprend les réticences… Pourtant, l’insistance du Président et de son gouvernement à déconsidérer la grève devrait nous faire réfléchir.

Il y a grève et grève…

Les grèves d’une journée, secteur professionnel par secteur professionnel (éducation, santé, Poste, transports, etc.) n’ont en elles-mêmes aucune efficacité : elles ne peuvent être prises que comme des éléments qui permettent de lancer une mobilisation, et non comme une stratégie de victoire.

La seule grève qui pèse vraiment, c’est la grève qui bloque, c’est la grève qui entrave le fonctionnement économique et/ou institutionnel.

Il faut construire la grève générale reconductible !

Il n’y aura véritablement de retournement majeur du rapport de force en faveur des salarié-e-s que par une grève générale reconductible, qui s’attaque aux profits du patronat et des actionnaires et au fonctionnement des institutions.

Aucun gouvernement ne peut résister longtemps à une grève générale : elle est l’arme principale des salarié-e-s, qui manifestent ainsi que ce sont bien eux et elles qui produisent les richesses que quelques-un-e-s s’accaparent. La simple crainte d’une grève générale amène les gouvernements à des reculs sectoriels, pour casser cette dynamique.

Sud éducation et Solidaires font de la construction de la grève générale reconductible leur première priorité.

Mais une grève générale reconductible ne se déclenche pas d’un coup, ni au même rythme dans tous les secteurs professionnels. Si aucun secteur ne part dans un mouvement radical, il n’y a pas de grève générale.

Des victoires sectorielles sont possibles, mais il faut s’en donner les moyens

Par ailleurs, si notre priorité est la construction d’un mouvement interprofessionnel dans la durée, nous pensons que même en son absence, des victoires sont possibles, y compris dans l’éducation, à condition cependant de s’en donner les moyens.

Pour les personnels de l’éducation, 2003 est une année qui compte : une grève longue, des journées, des semaines de salaire perdues. Cette défaite a laissé des traces qui pèsent encore aujourd’hui. L’échec, ses conséquences, restent durs à avaler. Les raisons de la défaite de 2003 sont multiples : attitude pour le moins ambiguë de certaines organisations syndicales, absence de réelle généralisation interprofessionnelle du mouvement, participation à la grève reconductible trop partielle, trop fragmentée...

Mais, pour Sud éducation, dans le secteur de l’éducation, le refus de toucher aux examens a été un facteur important de l’échec et de la situation dégradée dans laquelle nous nous trouvons depuis.

Pour un blocage collectif des centres d’examens

Nous savons que la grève des personnels de l’éducation n’impressionne pas beaucoup le gouvernement s’il sait à l’avance que tout rentrera dans l’ordre au moment où notre capacité de blocage pourrait devenir réelle et gênante pour le fonctionnement de la machine institutionnelle, c’est-à-dire au moment du passage des examens.

Le blocage des examens ne peut constituer un moyen de lutte en soi, mais il doit être affirmé comme une perspective dans le cadre d’une mobilisation radicale et de grade ampleur. Il ne peut être envisagé sans être en lien avec les lycéens et/ou les étudiant-e-s.

Le blocage collectif et organisé des centres d’examens (et d’abord du baccalauréat), nous parait une arme efficace que nous voulons mettre en débat le plus largement possible.

La question n’est pas de remettre en cause le baccalauréat. Il s’agit de bloquer des centres où il se passe, le temps que le gouvernement cède face à nos revendications. Nous pourrions nous engager à faire passer les examens (éventuellement sous d’autres formes) une fois la lutte terminée.

Il ne s’agirait pas d’appeler les seul-e-s correcteur/trice s à faire la « grève des examens » : ce mode d’action fait reposer toute la responsabilité sur des individus isolés face aux pressions diverses : il est inefficace. Ces blocages doivent être organisés et collectifs, ils doivent associer l’ensemble des personnels de l’éducation, mais également les usager-e-s, les lycéen-ne-s, les étudiant-e-s, les parents d’élèves, et plus largement toutes celles et tous ceux qui soutiennent ce combat.

Ce genre d’action ne se fera pas à froid : il faudra que, dans les mois qui précèdent, la pression monte au niveau interprofessionnel comme dans le secteur de l’éducation, à travers des actions de lutte qui passeront par des manifestations avec les usager-e-s, des blocages divers, et des mouvements de grève, y compris reconductibles.


Texte adopté au congrès de la Fédération Sud éducation, mai 2009

Par esprit libre - Publié dans : ACTIONS / INITIATIVES
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 22:30


Toujours plus de postes supprimés, et toujours plus d’indifférence de l’opinion publique. Où va notre école ? Et ce n’est pas tant le chiffre record du nombre de postes supprimés cette année dans l’Education Nationale qui nous abasourdit (16000), que le silence assourdissant dans lequel ce sabrage s’opère.

 Car la suppression de postes dans l’Education Nationale est devenue une sorte de ritournelle. A chaque rentrée, on chante : « Et combien cette année ? » 8000 ? 10000 ? 12000 ? Non ! Mieux ! 16000 ! « A-louette… ». Encore 16000 postes en moins pour la rentrée prochaine après déjà des chiffres record de 11200 au budget 2008 et 13500 au budget 2009. La casse est devenue presque exponentielle. Cela ne dit plus rien à personne. Le rituel est maintenant bien rôdé : un fonctionnaire sur deux ne doit pas être remplacé. Comme s’ils étaient tous inutiles. En particulier dans l’Education.

 

Comme dit Le Canard Enchaîné dans son édition du 30 juin, « il est bon quand tout s’écroule que quelques repères subsistent. Quand la dette et le déficit s’envolent, que le Grenelle végète, que les plans banlieue et HLM laissent béton, il est bon de savoir qu’un programme au moins sera tenu : les fonctionnaires, ces nuisibles, seront dégraissés, émincés, sabrés. » (lire le billet du Canard ci-dessous)


Ainsi, Xavier Darcos, en guise de cadeau de départ du Ministère pour son successeur Luc Châtel, a fixé le tarif de cette rentrée sans précédent à 16000 suppressions de postes dans l'éducation. Mais comment parvenir à ce nouveau prodige ? Très simple ! Il suffira cette fois-ci de tailler dans les IUFM et la formation des maîtres. Un vrai tour de passe-passe qui rapporte 14000 postes, en quasi-totalité de stagiaires supprimés par la réforme de la formation des enseignants.


"J'ai proposé de ne pas renouveler 16 000 emplois en 2010, conformément à la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite", a déclaré M. Darcos (La
Tribune du 24 juin). "Il s'agit de 600 postes d'agents administratifs et de 14 000 postes d'enseignants stagiaires affectés en institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l'enseignement privé (à hauteur de 1 400)", a-t-il ajouté. Au total, 34 000 postes de fonctionnaires seront supprimés dans le budget 2010, avait déjà annoncé auparavant le ministre du budget, Eric Woerth.


Rappelons que la réforme de la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants seront recrutés au niveau "master 2" (bac + 5) et que la formation incombe aux universités, et non plus aux IUFM. Du coup, pour la première année d'application de la réforme, à la rentrée 2010, les étudiants qui auront réussi le concours d'enseignants ne seront plus affectés en IUFM, mais directement en classe, ce qui permettra d'économiser à cette rentrée-là les 15 400 postes de fonctionnaires stagiaires cités.


Pour le budget 2008 (-11200 postes) on avait trouvé la compression des DGH pour s’en sortir, en sabrant dans toutes les options considérées comme « de luxe » (les LV2 rares, le grec, les arts plastiques, etc..) surtout pour les quartiers populaires. Pour le budget 2009, on a sabré dans les RASED (encore un truc inutile sans doute, un quart des postes) et dans tous les postes de « profs qui ne sont pas devant les élèves » en particulier dans les mouvements d’Education Populaire. Pour le budget 2010, facile, ce sont les stagiaires d’IUFM qui sautent. Et pour le budget 2011 ? Si l’on poursuit cette logique, il faudra de sacrés talents de magicien à Luc Châtel et aux fonctionnaires de la Rue de Grenelle (ceux qui sont restés en poste..) pour proposer au un nouveau record de suppressions de postes. Quel sera le tour de passe-passe 2011 ?

 François ANDRÉ



Par esprit libre - Publié dans : ARTICLES DE PRESSE
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Texte Libre



"Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage!"

Le Cid, acte IV, scène 3

L'Education = un privilège?

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